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Fonctionnement peu démocratiqueUn fonctionnement peu démocratique Par Ph. Declerck La France se targue d'être championne de la Démocratie et a mis en place différents dispositifs permettant de contrebalancer un pouvoir trop fort comme les prud'hommes ou de développer des mises en débat d'enjeux de société qui cristallisent l'attention de la société. Ces dispositifs s'appellent réunions publiques, conférences citoyennes, forums hybrides précédant par exemple un projet d'aménagement du territoire... Ils permettent la confrontation de points de vue entre des personnes de différents horizons professionnels ou disciplinaires et de citoyens ordinaires. L'obtention d'un consensus est l'objectif. L'état gagne ainsi en paix sociale. Revenons maintenant au domaine de l'art. Nos spécialistes défendent l'art de nos jours et sont naturellement au courant de la dernière innovation dans le dernier courant artistique à la mode. Ce sont des gens plus que modernes et plus que avant-gardistes, l'avant-garde étant une notion périmée. Ce sont nos gardiens de la modernité l'art d'aujourd'hui, l'art actuel, de l'art qui se fait, ici et maintenant. Comparons enfin le monde de l'art avec la démocratie si bien défendue en France : visiblement, nous sommes loin du compte ! Rien à faire de l'opinion du citoyen qui paye, rien à faire de l'avis de l'artiste qui est à la source de l'art ! De la rétention d'information, du mépris, des pétitions des artistes mécontents,... La démocratie participative pourtant dans l'air du temps n'est pas à l'ordre du jour. Pour les institutions de l'art contemporain, c'est trop moderne ! Donnons le coup de grâce en ayant un point de vue historique : comparons avec le fonctionnement de ces Salons du XIX ème siècle tellement célèbres mais aussi si décriés ! Le jury des Salons comprenait non seulement des artistes mais aussi des membres des institutions comme de nos jours. Mais il est important de rappeler que ces artistes étaient généralement élus par leurs pairs (avec des nombreuses variations dans l'organisation du vote : en 1849, le jury est nommé par scrutin de liste par toutes les personnes proposant une œuvre soient 646 votants ) . Une fois, ces artistes ont même été tirés au sort, procédé on ne peut plus égalitaire même si cela n'a été que sur une partie des exposants ( Rappelons que le tirage au sort a également été utilisé à Athènes pendant l'antiquité avec un système particulier.). Ainsi, on peut affirmer que le fonctionnement des institutions de l'art contemporain est démocratiquement moins avancé que celui du règne de l'empereur Napoléon III ! Suite vers : un bilan médiocre |